Erdem Moralioglu

Printemps-​​été 2010

11 janvier 2010 – par Chloé

Il se produit, dans le Japon du début des années 30, un phé­nomène nouveau : l’émergence de femmes de la classe moyenne, éduquées, qui entrent dans le monde du travail. Ce sont les modan garu. Avant tout poussées par les impé­ratifs écono­miques (le trem­blement de terre de Kanto en 1923 puis le crash de 1929), elles deviennent par la force des choses le symbole d’une moder­ni­sation du statut des femmes. En 1933 et 1934, les plus gros succès du cinéma japonais com­portent, qua­siment tous, un rôle de modan garu (comme par exemple, Femmes et Voyous – Hijosen no onna – de Yasujiro Ozu), ces femmes à la relative indé­pen­dance qui, concernant la mode, quittent le vêtement tra­di­tionnel pour adopter des tenues plus occidentales.

C’est cet épisode de la culture japo­naise qui a inspiré la col­lection printemps-​​été 2010 du créateur bri­tan­nique d’origine turque Erdem Mora­lioglu. Avec la pré­sence d’Anna Wintour au premier rang de son défilé, cette saison pour lui marque une sorte de consécration.

Ins­pi­ration mais pas copie : la col­lection est bien une recherche per­son­nelle contem­po­raine, certes riche de réfé­rences mais soli­dement ancrée dans notre époque. À l’image de la pre­mière robe du défilé (que je reprends en image de cou­verture), toute en fleurs brodées en relief, Erdem explique qu’il ne voulait « rien de flou pour cette saison ». Il nous livre donc des motifs assumés, des tex­tures nettes et de somp­tueuses bro­deries à effet 3D.

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